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Ce que la vie associative m’a apporté en tant qu’étudiante marocaine à l’étranger…




Ce que la vie associative m’a apporté en tant qu’étudiante marocaine à l’étranger…

On nous a toujours dit que les études, c’était important, mais on nous a rarement incités à nous intéresser à la vie associative. On nous a toujours poussés à devenir meilleurs en classe, mais on nous a rarement appris à appréhender la vie sous un autre angle  que celui de l’école ou de notre entourage. C’est d’ailleurs à l’Université ou en Ecole supérieure qu’on commence à s’intéresser réellement à la vie associative, sauf si on a eu la chance de grandir au sein d’une famille qui y accorder de l’importance. Ce fût le cas pour moi avec ma sœur … Voici comment mon engagement associatif a débuté.

Au commencement était l’humanitaire…

Je me rappelle de ma première action comme si c’était hier, une visite à l’hospice de Kenitra avec l’association Eden Maroc. J’étais en première année collège, la plus jeune des bénévoles mais tout autant motivée à aider que les autres. J’avais fini la journée les larmes aux yeux en écoutant une histoire extrêmement touchante d’une des vielles dames qui s’y trouvait. Les actions se renouvelaient continuellement, tantôt une visite à l’hôpital des enfants, tantôt une collecte d’habits ou une visite aux orphelinats de la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaïr à l’époque.

ramadan

Les années passaient et  l’envie de venir en aide à l’autre n’a cessé de grandir ce qui m’a d’ailleurs poussé à rejoindre l’association Maroc21 lors de ma deuxième année du lycée. Les deux grands évènements annuels étaient le Ftour du cœur où on accueillait les personnes qui n’avaient pas les moyens de s’offrir une rupture du jeûne décente et la campagne nationale du don du sang.

Au cours du mois de Ramadan, les tâches différaient d’une journée à une autre. Il fallait gérer une équipe, mettre la table, travailler en cuisine ou collecter des denrées alimentaires à Marjane et Acima essentiellement.

La nature de la campagne des dons du sang était autre : elle mettait en avant la prise d’initiative, la prise de parole devant les gens et surtout d’aller vers eux, réussir à les convaincre de la nécessité de leurs dons mais surtout du besoin urgent de celui-ci dans les centres de transfusion et les vies qui en dépendaient. Les actions menées par Maroc 21 sont tout aussi différentes les unes que les autres mais le résultat était toujours le même : offrir à l’autre, cet autre nous.

Avec l’opération propreté au cimetière de Rabat, je décidai de voler de mes propres ailes. Tout était à faire : communiquer autour de l’événement, mobiliser des personnes prêtes à aider que ça soit en nature ou physiquement le jour j, décrocher les autorisations nécessaires En une journée, grâce à toutes les personnes mobilisées, nous avions réussi à atteindre notre objectif…

Mon engagement associatif et humanitaire ne s’est pas arrêté à mon arrivée à Paris, il a au contraire pris une dimension internationale et ce grâce aux associations « You Are » et le « Secours Catholique ».

Avec You Are, une association étudiante de l’Université Paris Panthéon Sorbonne créé en 2015, nous avons organisé des actions fréquentes sur Paris (distribution de repas aux SDF trois fois par mois voire plus, collectes de vêtement, cours de français aux réfugiés). Cette initiative a vu le jour suite à nos deux séjours dans la « jungle de Calais » en collaboration avec le Secours Catholique. Rencontrer des personnes, hommes femmes et enfants d’horizons divers, fuyant la guerre pour sauver leurs vies est une expérience marquante…

Je pourrai vous en parler pendant des heures et des heures, de comment ces réfugiés ont combattu, survécu, de comment ils restent dignes et fiers quand tous les malheurs du monde s’abattent sur eux. Mais ce dont je peux vous parler aussi, c’est à quel point ils sont avide de savoir, motivé d’apprendre le français… Comment ne pas faire le parallèle avec nos sociétés où tout est à notre portée sans que nous nous en rendions compte.

L’école de la vie…

Après ces expériences, j’ai rejoint la Plume de Céryx, premier média étudiant de la Sorbonne indépendant, puis, l’AMGE Caravane, une association qui existe depuis une vingtaine d’années et dont le crédo est de venir en aide à la communauté étudiante Marocaine.

Avec la Plume j’ai commencé en tant que Community Manager, me chargeant donc de la communication autour de nos différents événements et publications, mais aussi chroniqueuse. J’ai pu découvrir une communauté étudiante sans pareil où le débat est toujours le bienvenu et où la divergence des opinions est considérée comme bénéfique. Confronter les opinions est de fait formateur, et permet d’augmenter son spectre de connaissance. De la diversité naît en effet la richesse…

Mon désir de rejoindre l’AMGE est né d’un constat simple : j’ai moi aussi été une étudiante il y a quelques années, je me devais d’apporter mon soutien à mes semblables.

Ce faisant, je tissais également un réseau professionnel pour l’avenir. En tant que responsable communication, je suis amenée à travailler sur la communication pré et post-événement. Des événements qui touchent essentiellement les étudiants que ça soit ceux se trouvant en France (à Paris mais aussi avec les antennes de l’AMGE se trouvant dans différentes villes) avec le pot des admis, le Forum Horizons Maroc, ou les journées de la jeunesse marocaine qui portent sur l’organisation de plusieurs conférences sur des thèmes diversifiés. Nous nous adressons également aux étudiants se trouvant au Maroc et désirant rejoindre les grandes écoles et universités françaises. C’est dans ce cadre que l’AMGE organise chaque année une Caravane qui fait le tour des centres préparatoires marocains.

L’engagement associatif à mon sens est aussi important que la réussite des études. C’est une école de la vie : on y apprend autant sur la nature humaine que sur les défis auxquels on pourrait être confronté plus tard. Et cela, ça ne s’apprend pas dans les écoles…

 

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Universités et écoles supérieures au Maroc, classes prépas, BTS, etc