Gouvernement Benkirane: Quelles études ont fait nos ministres?




Gouvernement Benkirane: Quelles études ont fait nos ministres?

Nous avons regroupé les membres du gouvernement en plusieurs catégories, forcément subjectives, et avec un zeste de cynisme et de mauvaise foi: les cracks qui ont fait de brillantes études, les mystérieux, à propos desquels le site officiel du gouvernement est pour le moins évasif et dont google ignore le parcours, les hors piste, qui ont suivi une carrière sans rapport avec leur formation initiale, les collectionneurs, qui empilent les diplômes… 

Les frérots

Abdelilah Benkirane – Vous l’avez compris ?

S’il a sans nul doute un beau parcours, le Chef du gouvernement n’est pas le plus diplômé de nos dirigeants, loin s’en faut : le secrétaire général du Parti de la Justice et du Développement (PJD) a obtenu, en 1979, une licence en sciences physiques, avant d’enseigner à l’école normale supérieure de Rabat. La rumeur dit qu’il demandait souvent à ses élèves: fhemtini oula la?

Lahcen Daoudi – On en parle docteur?

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation des cadres est titulaire d’une licence, d’un DEA et d’un doctorat de 3ème cycle en sciences économiques délivrés par l’Université de Lyon (France). Question: a-t-il accordé la reconnaissance étatique à ses propres diplômes?

Mustapha El Khalfi – Un, deux, trois

Le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement est titulaire de trois baccalauréats (sciences math, sciences expérimentales, lettres), de trois licences (en physique, en droit et en études islamiques), et prépare un doctorat (un seul?!) sur les approches anglo-américaines relatives aux mouvements islamiques. Un parcours clair comme une règle de trois.

Mustafa Ramid – Le témoin est à la défense

Notre ministre  de la Justice et des libertés est titulaire d’une licence en droit. M. Ramid a poursuivi ses études supérieures à Dar Al Hadith Al Hassania. Ramid, fervent partisan de la peine de mort, est également avocat au barreau de Casablanca…

Aziz Rabbah – Il a tracé sa route…

Le ministre de l’Equipement et du transport est ingénieur de formation spécialisé dans les nouvelles technologies de l’information a passé en 1981 un bac en mathématiques du Lycée Mohammed V de Kénitra, avant d’enchaîner sur un diplôme d’ingénieur de l’INSEA (1985) et d’un master en génie-logiciel, de l’Université Laval de Quèbec, en 1992. Depuis, le ministre du transport a tracé sa route…

Les déterminés

Driss Merroun – Le ministre bâtisseur

Le ministre de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire national a suivi une carrière en phase avec sa formation: est ingénieur d’Etat en génie civil, diplômé de l’Ecole Hassania des Travaux Publics. Autant dire qu’il a su se construire un avenir…

Nasser Bourita – Tout “droit”

Le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération est titulaire d’une Licence en droit public (relations internationales) de la Faculté des Sciences juridiques, économiques et sociales à Rabat en 1991. M. Bourita a aussi obtenu un Certificat d’études supérieures en Relations internationales (1993), puis un DES. en droit international public (1995) de la même faculté. En gros, il est allé “droit” au but…

Hakima El Haite – Verte de rage

La ministre déléguée chargée de l’Environnement est titulaire d’un Doctorat en Génie de l’environnement de l’école des mines de Saint Etienne (France) et d’un Diplôme de communication politique, Université de Washington (Washington DC). Mais depuis la polémique des déchets importés d’Italie, on dit que la ministre est plus que jamais verte… de rage

Abdeslam Seddiki – Y’a du boulot…

Le ministre de l’Emploi et des Affaires sociales est titulaire d’un Doctorat d’Etat en Sciences Economiques de l’Université Hassan II Casablanca (1988) et d’un doctorat de troisième cycle de l’Université de Grenoble (1979). Un cursus qui a permis au ministre de l’Emploi d’en trouver un…

Les premiers de la classe

Mamoune Bouhdoud – La tête de l’emploi

Le ministre délégué auprès du ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’investissement et de l’économie numérique est un des “9aray” du gouvernement: le cadet de la team Benkirane est diplômé de de l’Ecole polytechnique de Paris en 2007 et de l’Ecole Nationale supérieure des Mines en 2008. Depuis, il a fait son trou…

Mohamed Hassad – Sécurité maximale

Le ministre de l’Intérieur a étudié à l’extérieur: il est diplômé de l’école Polytechnique des ingénieurs de Paris en 1974 et de l’école nationale des ponts et chaussées de Paris en 1976. Côté étude comme côté carrière, Hassad a joué la carte de la sécurité…

Mohamed Boussaid – Un pont entre l’industrie et la finance

Le ministre de l’Economie et des Finances est titulaire d’un diplôme d’ingénieur de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées de Paris (option Génie Industrielle) en 1986 et d’un Master of Business Administration (MBA) de l’International School of Business de l’ENPC en 2000. Ce faisant, Boussaid a fait un “pont” entre l’industrie et la finance.

Les collectionneurs

Salaheddine Mezouar – Au suivant!

En bon ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, le président du RNI a vu du pays : il est titulaire d’un diplôme supérieur pour dirigeants INSEAD (à ne pas confondre avec le très côté MBA de l’école) à Fontainebleau, en France, d’un diplôme du Cycle supérieur de Gestion de l’Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises (ISCAE) à Casablanca, d’un diplôme d’Etudes approfondies (DEA) à l’université des sciences sociales de Grenoble, en France, et d’un Master en science économique (économie de développement) de la même université. Quand s’arrêtera-t-il?

Idriss Azami Al Idrissi – Enarque de chez nous

Le ministre délégué auprès du ministre de l’économie et des finances chargé du budget est titulaire d’un diplôme des études supérieures de l’Institut d’administration des entreprises de l’Université de Paris I panthéon-Sorbonne (2006). En 2001, il a décroché un diplôme d’études économiques à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de l’Université Mohammed V-Agdal de Rabat, suivi d’un diplôme du cycle supérieur de l’Ecole nationale d’administration (Rabat, 1997). Au préalable, il avait décroché, deux ans plus tôt, un diplôme d’études universitaires (physique-chimie) du même établissement. Autant dire que Si Idriss s’est beaucoup cherché côté études…

Mohamed Najib Boulif – Il maîtrise…

Le ministre délégué auprès du chef de gouvernement chargé des Affaires générales et de la gouvernance est lauréat de l’Institut français de pétrole, spécialisé en économie de l’énergie (1986). Il a obtenu un doctorat national, dans la même spécialité de l’Université de Paris II (1989) et un PhD de l’Université de Fès en 1996 titulaire d’une maîtrise en gestion des entreprises et d’une autre maîtrise en économétrie de l’Université de Dijon (France), en 1985. Qu’on se le dise: il maîtrise…

Abdelaziz El Omari – Ministre étudiant

Le ministre chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile est titulaire d’un diplôme d’ingénieur d’Etat en Electronique de l’Ecole Mohammedia en 1994, d’une licence en Droit public (2010) et d’un master, décroché sur le tard, en gouvernance locale de la Faculté de Droit de Mohammedia décroché en 2014. Et pour 2016 monsieur le ministre?

Les hors piste

Ahmed Toufiq – Parlons religion

Le ministre des Habous et des affaires islamiques a poursuivi ses études primaires et secondaires à Marrakech. Il a obtenu, en 1968, une licence de lettres (option histoire) de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Rabat. Il est également titulaire d’un certificat d’archéologie. Comme quoi, nul besoin d’être théologien pour parler religion…

Lahcen Sekkouri – Parcours musclé

Le ministre de la Jeunesse et des Sports a pas mal bourlingué durant son parcours: il est lauréat de l’Ecole Nationale d’Administration Publique (ENA) et titulaire du Diplôme d’Etudes Supérieures (DES) en Droit Public option Sciences Politiques. Il a également suivi une formation de formateur à l’Institut National des Cadres administratifs (INCA) d’Evry en France et dispose d’un Certificat de formation obtenu aux USA (Université de Pittsburgh/ Pennsylvanie) sur le management du Développement. En se lançant dans les études supérieures, M. Sekkouri s’est surement dit: il va y avoir du sport…

Rachid Belmokhtar – mission technocrate

Le ministre de l’éducation nationale et de la formation professionnelle a suivi ses études secondaires à la mission, au Lycée Regnault de Tanger, avant d’intégrer une prépa scientifiques. Le futur directeur de l’université Al Akhawayn est ensuite admis à l’Ecole nationale supérieure des constructions aéronautiques de Toulouse en France. Ces études seront complétées par une formation en économie et gestion à l’Institut d’études internationales de Toulouse et à l’Institute for management development en Suisse. Un vrai couteau suisse en somme.

Charki Draiss – Le policeman

Le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur est titulaire d’une licence en sciences politiques, qui rime (vaguement) avec carrière policière…

Nabil Benabdallah – Le polyglotte

Le ministre de l’Habitat, de l’urbanisme et de la politique de la ville a fait ses études primaires et secondaires à Rabat et a poursuivi ses études supérieures à Orléans (droit) et Paris d’où il sortira diplômé de l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO, 1985) option relations internationales. Un parcours qui explique qu’il parle plusieurs langues, dont la langue de bois…

Les Canadiens

Moulay Hafid Elalamy – Il assure…

Le ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie numérique est diplômé en systèmes d’information de l’Université de Sherbrooke.  Un parcours universitaire qui a permis au patron du groupe Saham d’assurer son avenir…

Aziz Akhannouch – La main verte avant le plan Maroc vert

Le ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime et par ailleurs patron du groupe Akwa est titulaire d’un diplôme en marketing de l’université de Sherbrooke, au Canada. S’est-il découvert une main verte au pays à la feuille d’érable?

Les mystérieux

Abdellatif Loudiyi – Mister Mystère

Le ministre délégué auprès du chef de gouvernement chargé de l’Administration de la défense national Abdellatif Loudiyi a occupé plusieurs postes de responsabilité dans diverses

administrations publiques. Mais on ignore tout du parcours de celui qui a été nommé par Mohamed VI ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de l’Administration de la Défense Nationale dans le gouvernement de Abbas El Fassi. Voilà qui confirme la réputation de la grande muette…

Driss Dahak – Perdu de vue

Le secrétaire général du gouvernement est docteur en droit nous dit sans plus de précision le site officiel du gouvernement, ajoutant qu’il est également titulaire de plusieurs diplômes universitaires dont on ignore la provenance et le niveau…

Anis Birou – Erreur 404

Le ministre chargé des Marocains résidant à l’étranger et des affaires de la migration est titulaire d’un diplôme d’ingénieur statisticien-économiste avec grade d’ingénieur en chef, dont internet ne retrouve pas la trace…

Abdelkader Aâmara – Le véto… sur l’info

Le ministre de l’industrie, du commerce et des nouvelles technologies a obtenu un Doctorat de l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II de Rabat en 1986 avant de rejoindre la France en 1989 “pour perfectionner ses compétences”, nous dit le site du gouvernement. Ou, comment, pourquoi ? On ne peut pas vous aider…

Bassima Hakkaoui – Cachottière ?

La ministre de la solidarité, de la femme, de la famille et du développement social est titulaire d’un DES en psychologie sociale. Mais le site officiel du gouvernement ne précise pas dans quelle université Mme Hakkaoui a décroché ce diplôme, pas plus que Google.

Les profs

El Hossein El Ouardi – Vos paupières sont lourdes…

Le ministre de la Santé est professeur de l’Enseignement Supérieur à la faculté de Médecine et de Pharmacie de Casablanca. Il est spécialiste en anesthésie-réanimation et en médecine d’urgence et de catastrophe. Ce qui lui sûrement permis de mieux endormir les étudiants en médecine avant de gérer la crise…

Fatema Marouane – Qui cherche trouve

Le ministre de l’Artisanat, de l’Economie sociale et solidaire est médecin spécialiste en endocrinologieDiabétologie-Maladies de la nutrition. Elle est lauréate de la faculté de médecine de Lyon (France) et a officié à la faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca en tant que chercheure. Sa bio officielle ne dit pas si elle a trouvé…

Les inclassables

Lahcen Haddad – Monsieur VRP

Le ministre du Tourisme est titulaire  d’un diplôme d’études supérieures de l’ Université Mohamed V en 1984, suivi d’un PhD à l’université américaine de l’Indiana en 1993 et d’un MBA à Saint Thomas Aquinas College, New Yorken 1999). De nombreux déplacement qui ont boosté le tourisme… outre-atlantique.

Mbarka Bouaida – Speak english?

Le ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération est titulaire d’un Master en communication de l’université de Toulouse et d’un diplôme de l’Ecole Supérieure de Gestion de Casablanca, et d’un MBA de Hull University (Angleterre). A voir ses interventions dans la langue de Shakespeare, Mme la ministre s’en sort plutôt pas mal, mais peut mieux faire côté accent…

Mohamed El Ouafa – Monsieur cash

Le ministre de l’Education nationale est titulaire d’une licence en sciences économiques (Rabat), et d’un diplôme d’études supérieures en sciences économiques (Paris) et d’un 3ème cycle de l’Institut du développement économique de Paris (IDES). Ou visiblement, il a n’a pas validé le module “diplomatie”.

Mohamed Abbou – Le chimiste

Le ministre délégué auprès du ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie numérique est titulaire d’un diplôme d’ingénieur en industrie agro-alimentaire de l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II de Rabat et d’un doctorat en chimie analytique de l’Université d’Aix Marseille. En attendant, il cherche toujours la bonne formule pour relancer l’investissement…

Commentaires



  1. […] Il y a quelques jours, nous publiions un article sur le niveau d’études de nos dirigeants. Il semblerait que la question obsède une partie de nos responsables politique. La preuve par la récente passe d’armes entre Nabila Mounib et Ilyas El Omari. […]

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