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Dynamique du retour des compétences marocaines formées à l’étranger




Dynamique du retour des compétences marocaines formées à l’étranger

Afin de pouvoir apprécier la dynamique du retour des compétences marocaines formées à l’étranger, AMGE Alumni a réalisé un sondage auprès d’une centaine de jeunes diplômés et cadres résidant au Maroc (ayant fait le choix du retour), où à l’étranger (envisageant concrètement leur retour). L’analyse de Karim Chbani, président et fondateur d’AMGE Alumni.

Les raisons du retour au Maroc sont tant professionnelles que personnelles

Les retours d’expérience collectés par l’AMGE Alumni mettent en relief que la décision du retour est pour les 2/3 des répondants liée à des raisons professionnelles : les jeunes diplômés recherchent une valorisation de leur diplôme et de leur compétence, ainsi qu’une trajectoire de progression plus rapide en comparaison avec celle espérée dans les pays d’accueil. En effet, les jeunes diplômés marocains valorisent la possibilité d’avoir un contenu de travail plus riche, ainsi que l’opportunité de participer à des expériences professionnelles très stimulantes, où la possession de leur diplôme leur a permis de progresser rapidement.

En outre, le besoin de qualité de vie (flexibilité, niveau de vie, climat, proximité familiale…) voire même plus simplement l’ambiance de travail séduit un bon tiers de notre panel.
Néanmoins, le tableau n’est pas tout à fait rose. Les principales difficultés rencontrées lors de la prise de décision du retour pour ceux/celles déjà rentré(e)s au Maroc sont principalement liées au monde du travail. Les processus de recrutement sont jugés très longs (plusieurs mois, voire une année) pour le 1/3 des répondants, avec des procédures non modernes avec des sites web non dynamiques et incomplets.

Ces premiers contacts ne permettent pas, pour 15% des personnes sondées, de donner une visibilité sur les trajectoires de progression, avec des périmètres non explicites et des critères de promotion non liés exclusivement à la performance. Pour autant, près de 45% des personnes sondées sait qu’elle devra se réadapter à la culture d’entreprise, et faire des ajustements au niveau des salaires.

L’importance du réseau

Il est important de noter que cette perception saillante, notamment chez les diplômés en France, de non-transparence des offres d’emploi, qui amène certaines personnes à regretter le système RH dans leur pays d’accueil, jugés plus clairs.
Cette perception est, à mon sens, liée à une moindre connaissance de l’importance du/des réseaux dans le monde du travail. Loin du sens galvaudé de ce terme lié au « bak sahbisme », au copinage et autres conceptions dérogatoires; il reste nécessaire de se constituer un réseau de contacts afin de pouvoir progresser dans toute organisation, quel que soit sa localisation.

Les emplois visés par cette catégorie de diplômés (même si c’est du middle-management) sont souvent des postes à forte progression, où les valeurs de confiance et de loyauté sont importantes. Les mêmes types de poste à l’étranger sont moins sensibles, dès lors que le nombre de strates vous séparant du haut de la pyramide est plus important. Ainsi, la capacité à nouer des contacts et à inspirer la confiance et la recommandation, sera un plus dans votre candidature.

Par ailleurs, 60% des personnes sondées ont utilisé ce canal du réseau dans le cadre de leur recherche. C’est le canal le plus utilisé, devant celui des chasseurs de tête, ou de la candidature directe (réponse à offre d’emploi).

Un des moyens de constituer ce réseau reste l’adhésion aux amicales et autres associations de diplômés présentes au Maroc, qui permettent de se mettre le pied à l’étrier et « connaissant du monde », et de disposer de ce petit coup de pouce qui peut faire la différence.
Un autre moyen est de partir à la rencontre de ce monde de l’entreprise, par exemple lors du Forum Horizons Maroc organisé à paris par l’AMGE Caravane le 22 Janvier 2017, afin de mettre un peu d’humain dans ces processus de recrutement, dont l’automatisation a l’avantage de la rapidité, mais l’inconvénient de la standardisation.

Trois conseils aux cadres résidant à l’étranger

Mon observation personnelle est que le choix du retour, bien que semblant pesé et réfléchi a posteriori, est avant tout un choix du cœur trouvant son origine dans le tempérament de la personne. La connaissance de soi-même, de ce que l’on aime faire, de nos ambitions, de notre personnalité est une première étape primordiale.

Secundo, la connaissance de l’environnement de travail où on va atterrir : Non seulement l’entreprise et ses valeurs et son potentiel de croissance, mais aussi et surtout la qualité de ses ressources humaines (notamment le chef hiérarchique) sont des critères importants qu’il faut bien connaître avant de sauter le pas.

Tertio, la préparation psychologique au changement : choisir d’aller travailler au Maroc n’est pas un retour à une situation stable, mais une évolution et un challenge dans un environnement où les opportunités sont généralement plus intéressantes, mais où les conditions de travail sont plus mouvantes. Vous n’embarquez pas dans un train monté sur rails, avec des destinations connues à l’avance, mais plutôt sur une moto de cross-country où vous devez savoir suivre le sillon, et faire du hors-piste.

Enfin, et pour conclure, le Maroc est et restera VOTRE pays, qui ne pourra être développé que par ses citoyens et ses forces vives.

A propos de l’auteur
Diplômé de l’Ecole Centrale de Paris en 2007, Karim commence sa carrière à Londres dans une banque internationale, avant de rejoindre un fonds d’investissement en 2009 où il occupe la position d’Investment Manager.
Accompagné d’autres anciens de l’Association Marocaine des Grandes Ecoles (AMGE Caravane), il fonde et préside depuis 2015 l’AMGE-Alumni, réseau de jeunes diplômés de grandes écoles étrangères actifs au Maroc.

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