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“J’ai participé à l’ouverture de l’Assemblée générale des Nations Unies”




“J’ai participé à l’ouverture de l’Assemblée générale des Nations Unies”

Mariam ElAtouabi est Co-Fondatrice et Présidente de l’association “Josoor” visant à renforcer le dialogue et la coopération pour la paix dans la région MENA (Moyen Orient et Afrique du Nord) à travers la valorisation de la place et du rôle des jeunes. Etudiante en Master à Sciences Po Rabat en “Intelligence et Gouvernance Internationales”, Mariam a passé plusieurs jours au siège des Nations Unies à New York. Une expérience riche qu’elle partage avec les lecteurs de Campus Mag.

Rentrer – même pour un court instant – dans la nébuleuse des Nations Unies est une expérience sans pareil. Avec énormément d’efforts et d’organisations, mes collègues -Bassam Chekrane; Mohamed Hachim Wafdi, Sofiane Kadmiri et Sophia Semlali- et moi même avons décidé d’initier le projet de participation à l’ouverture de l’Assemblée Générale des Nations Unies, à New York, en tant que jeunes délégués et dans le cadre du programme du département UNDESA intitulé « UN Youth Delegate Program ».

Ce dernier permet aux jeunes du monde entier d’avoir l’opportunité de participer en tant qu’observateurs et représentants de la jeunesse de leur pays aux différents commissions que comptent les Nations Unies. Avec l’aide de leur Mission Permanente respective, les jeunes délégués sont invités à prendre part aux séances plénières et aux négociations, notamment au sein de la 3ème commission des Nations Unies; portant sur l’agenda social, humanitaire, et culturel.

Les Nations Unies ont opérés de nombreux efforts pour positionner les jeunes en tant qu’acteurs clés dans la prise de décision mais aussi dans le témoignage de récits et de vécus. La nomination d’un Envoyé Spécial pour la jeunesse, Ahmad Elhendawi, par le Secrétaire-Général des Nations Unies, Ban Ki-moon, est un fait tout à fait inédit puisque le poste n’existait pas auparavant.

Les jeunes âgés entre 18 et 30 ans représentent aujourd’hui plus de 1,8 milliards d’individus, et la part des jeunes dans la population peut atteindre jusqu’à 60%, notamment dans les pays Arabes. Ce capital incontesté pose aussi de nombreux défis liés à l’éducation et à l’emploi: comment garantir une éducation possible et juste et comment accompagner dans la recherche d’emploi et l’insertion dans la vie active? Ces challenges se sont posés aux Nations Unies qui ont adopté en 2015, le « 2030 Sustainable Development Agenda » comprenant 17 buts globaux.

C’est donc dans cet esprit là que nous avons décidé de travailler ensemble pour la mise en place du programme « UN Youth Delegate » au Maroc. Il s’agit d’abord d’une initiative personnelle, et le principal objectif de cette initiative était d’être en mesure de participer à l’Assemblée Générale des Nations Unies en étant observateurs actifs. L’an passé, le Maroc a été le seul pays arabe et africain a faire parti du programme.

Cette année a été un peu différente puisque d’autres pays arabes et pays africains se sont joints au programme, et ce dernier a compté le nombre record de 57 pays participants en tout. Ce programme reste avant tout initié par les pays et non pas par les Nations Unies malgré que l’ONU apporte son aide au niveau du processus et dans la logistique sur place pour les jeunes délégués, car il reste extrêmement difficile de comprendre la machine Onusienne en l’espace de quelques semaines compte tenu des nombreuses séances, négociations en parallèle, conférences qui s’y tiennent chaque jour. Ainsi, devenir jeune délégué aux Nations Unies demande de s’armer de façon importante au préalable, rien qu’au niveau procédural et légal afin de mieux cerner les différents apports de l’ONU au quotidien, et comprendre les nombreuses résolutions votées et adoptées.

En tant que jeunes délégués marocains à la 71ème session d’ouverture des Nations-Unies, nous sommes conscient que nous ne représentons pas la société marocaine dans son ensemble. Faute de cadre institutionnel à proprement parlé et s’occupant exclusivement de la jeunesse au Maroc, il nous a pas été possible d’envisager des consultations poussées afin de rendre compte des challenges auxquels font face les jeunes marocains. Toutefois, notre mission première, considérant l’absence de consultations en amont, est de véhiculer le message selon lequel il est possible pour tout jeune marocain et du monde entier de faire entendre son opinion et d’être un acteur à part entière au sein de la société dans lequel il vit.

Aux Nations Unies, il est pertinent de noter que tous les idéaux et opinions se valent, seul compte la manière dont on lutte pour nos principes; car ces derniers ne sont jamais à prendre pour acquis et surtout aux Nations Unies où il faut batailler pour que les priorités que l’ont juge importantes restent au haut de l’agenda. La résolution du Conseil de Sécurité 2250 sur la « Jeunesse dans la Paix et la Sécurité », première du genre, a été une consécration d’un travail de longue haleine visant à mettre les jeunes au sein du dialogue pour la paix – les jeunes ne sont plus considérés comme victimes uniquement des conflits mais aussi comme agents de changement substantiels.

Ainsi, la participation en tant que jeune délégué aux Nations Unies ne s’arrêtent pas à la 42ème rue de Manhattan, mais commence véritablement dans la communauté et le pays dans lequel on vit, car il est important de se poser la question de comment faire en sorte que les valeurs et les principes des Nations Unies, mais aussi les enseignements tirés, puissent parvenir et s’implanter dans nos sociétés, et c’est là exactement où s’opère notre rôle de vecteur en tant que jeune délégué, dotés d’une vision qui dépasse le cadre officiel diplomatique, du message des Nations Unies, qui reste universel et avant tout, humaniste.

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