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Maroc: Quand le bizutage tourne mal…




Maroc: Quand le bizutage tourne mal…

Corrections physiques, humiliations, harcèlements… Le bizutage, censée permettre aux nouveaux de s’intégrer, vire parfois à la séance de torture. Un étudiant témoigne.

Initiation, rite de passage, tradition, semaine d’intégration, appelez-le comme vous voulez.

Selon les anciens, le bizutage n’est ni plus ni moins qu’une manière d’intégrer les nouveaux admis.

Sauf que dans les faits, il arrive que le bizutage tourne mal, et que ce rituel, censé favoriser la cohésion et transmettre les valeurs d’un établissement se transforme en pratiques aussi tordues que perverses. : violence, harcèlement, bagarre et on en passe…

Dans cet univers où l’on vient d’être parachuté, nous autres, bizuts, sommes parfois désemparés. 1er jour d’école, bien sûr, il y a l’enthousiasme, suscité par la nouveauté, mais il y a aussi et surtout le trac, l’angoisse, la perte de repères, surtout quand l’on vient d’une autre ville.

J’ai vécu tout ça, pendant une semaine. De la joie, à l’inquiétude, en passant par l’hésitation, une semaine de folie. J’ignore les raisons de cet acharnement mais dès le premier jour, j’ai été la cible d’étudiants des précédentes promotions. Pourquoi ? Je me le demande encore.

En toute sincérités, je pense avoir couru des kilomètres, fait des centaines de pompes, des dizaines de déclarations d’amour, désherbé tout le terrain de sport, et malgré cela, c’était insuffisant pour mes “bizuteurs”, à qui, je signale au passage, je devais faire le salut chaque fois que je les croisais.

Bon, jusque-là, ça va encore me direz-vous. Hélas, certaines personnes mal intentionnées profitent de la situation et abusent du pouvoir dont elles disposent.

Exemple, certains n’hésitent pas à demander aux filles avec beaucoup d’insistance (et c’est un euphémisme) de twerker, ou à certains bizuts de fumer. D’autres se font crier dessus à longueur de journée, et parfois, corriger physiquement. Inadmissible !

Juste une précision : je ne suis pas contre le bizutage, je ne suis pas de ceux qui pensent que c’est une pratique d’un autre âge. Au contraire, je pense que c’est une coutume, et que par conséquent, elle permet de forger l’identité d’un établissement.

Seulement, je suis farouchement opposé à tous les abus qui peuvent en découler. Combien de personnes ai-je vu pleurer pendant mon bizutage ? Combien de personnes ont voulu abandonner leurs études pour ces futilités ? Est-ce cela l’intégration? Le but est-il de traumatiser les nouveaux venus avec vos pratiques humiliantes, dégradantes et parfois dangereuses ?

A l’aune de mon expérience, je crains que le bizutage ne soit en train de se transformer en un grand défouloir.

Je tiens néanmoins à adresser un grand merci à O., qui m’a sorti de situation désagréable à bien des reprises.

Une dernière chose, je ne demande pas qu’on abolisse le bizutage, mais qu’on explique, et là, même l’administration a son rôle à jouer,  aux nouveaux étudiants qu’ils ont le droit de refuser telle ou telle activité. Plutôt de violenter les nouveaux, parlez-leur, orientez-les, expliquez-leur le système, et surtout, mettez-vous à leur place ! Tout est nouveau pour eux, prenez soin d’eux, parrainez-les.
A bon entendeurs.

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