Jump to the website

L’école marocaine : un incubateur de violence




L’école marocaine : un incubateur de violence
Qui n’a pas été exposé à des invectives de la part de son maître durant son cursus scolaire ? Qui n’a pas entendu de la bouche de son enseignant cette célèbre phrase qu’on nous a apprise à force de la répéter :  « vous êtes la pire classe que j’aie jamais eue » ?  Qui de nous n’a pas reçu de coups de bâton de la part de son professeur durant la maternelle, le primaire et même le collège ? Qui ne s’est pas retrouvé au centre d’une rixe durant ses années d’étude? Nous avons tous – ou presque – été sujets à la violence scolaire, qu’elle ait été exercée par des éducateurs ou par des camarades de classe.
L’école serait-elle devenue un espace de règlement de comptes ? La violence scolaire prend-elle de plus en plus d’ampleur, surtout lorsque l’école et les éducateurs peinent à transmettre les valeurs?

 

A l’école de la violence

 

Il y a un an, j’ai organisé une conférence-débat dont le thème était axé sur la violence des jeunes, plus précisément sur le phénomène « Tcharmil ». À cette occasion, une dame est entrée en contact avec moi et espérait exposer le cas de son fils devant l’auditoire où devait se dérouler ledit événement. Il s’agissait de son enfant, sauvagement agressé par deux élèves de son lycée suite à une prise de bec. Il en a résulté pour le lycéen une double facture et un harcèlement moral. Selon ses dires, l’administration n’aurait pas réagi et n’aurait pas accompli sa mission , et son fils, se sentant injustement traité, n’aurait plus souhaité retourner à l’école.
Au Maroc, les statistiques et les articles mettant en exergue les défaillances du système scolaire ne manquent pas. L’école, telle que nos parents l’ont connue et nous la racontent, était un lieu de transmission de savoir, d’entretien de relations et de partage de la vie. Peut-être s’agit-il là d’une chimère, mais toujours est-il que l’école est aujourd’hui en déshérence, elle s’est muée en un endroit propice à la violence.
En 2014, lors d’un focus group organisé par l’association Relais Prison-Société pour tenter de comprendre le phénomène « Tcharmil », de jeunes délinquants ont pointé du doigt l’école, l’accusant de manquement à son devoir de sociabilisation des jeunes. Pourtant, l’école a bien pour première mission d’accompagner les élèves, de les éduquer, et de leur inculquer le civisme, le respect de l’autre et la tolérance.
 
Education, mode d’emploi
Les éducateurs adoptent des approches éducatives archaïques fondées sur l’autoritarisme. Les élèves, infantilisés, rabroués, broyés, ressentent de la violence dans la relation qu’ils entretiennent avec leurs enseignants. Je me rappelle une fois avoir subi les foudres d’un enseignant de mathématiques, qui, voyant que je ne réussissais pas à résoudre un quelconque problème mathématique, n’a rien trouvé de mieux à faire que de m’infliger une correction à l’aide d’un compas de 40 centimètres. Peut-être pensait-il que cela rentrerait plus vite ce faisant… Plus sérieusement, les anecdotes de ce genre pullulent, mais ce qui est à retenir, c’est que ces agissements pèsent lourd sur le futur des Hommes de notre pays.
En somme, un remaniement du système scolaire en entier devient inéluctable et les éducateurs se doivent d’ajuster de fond en comble leurs stratégies d’éducation, de modifier leur approche punitive ainsi que leur relation avec leurs élèves pour former des individus sains d’esprit.

Commentaires



Comments are closed.

Universités et écoles supérieures au Maroc, classes prépas, BTS, etc